Thématiques · 15 août 2026

Saint-Barthélemy à Orléans en 1572 : la deuxième ville la plus meurtrière de France après Paris

On parle toujours de la Saint-Barthélemy parisienne du 24 août 1572. On oublie que la deuxième ville la plus meurtrière fut Orléans, avec plus de 1 000 protestants assassinés en deux jours.

Saint-Barthélemy à Orléans en 1572 : la deuxième ville la plus meurtrière de France après Paris

Pourquoi Orléans, capitale protestante de la Loire

Au milieu du XVIᵉ siècle, Orléans est l'une des grandes places fortes de la Réforme française. La ville comptait 50 000 habitants — la cinquième de France — et près d'un tiers étaient protestants en 1560, soit 17 000 huguenots. Trois raisons : l'université d'Orléans accueille beaucoup d'étudiants étrangers calvinistes (Calvin y a étudié le droit en 1528). Le commerce fluvial avec La Rochelle (port huguenot) facilite la diffusion. La bourgeoisie marchande voit dans la Réforme un levier d'émancipation. En 1562, Orléans devient brièvement la capitale protestante sous Condé.

Le siège de 1563 et la mort du duc de Guise

Février 1563, le duc François de Guise assiège la ville protestante. Le 18 février, il est assassiné par Jean de Poltrot de Méré, gentilhomme huguenot. Sous la torture, Poltrot accuse l'amiral Coligny — accusation jamais prouvée mais qui marque les Guise. La famille jure vengeance et la garde dix ans. En 1572, c'est Henri de Guise, le fils, qui supervise l'assassinat de Coligny dans la nuit du 23 au 24 août. À Orléans, les catholiques voient dans le massacre une vengeance divine.

26-27 août 1572 : la mécanique du massacre

L'ordre royal arrive à Orléans dans la matinée du 26 août. Le lieutenant général organise les escouades — environ 200 hommes armés. À 14h, le tocsin sonne à la cathédrale Sainte-Croix. Les portes sont fermées. Pendant 30 heures, du 26 au 27 août, les escouades investissent quartier par quartier les maisons protestantes identifiées par des croix blanches. Les hommes égorgés, les femmes violées et tuées, les enfants jetés vivants dans la Loire depuis le pont Royal. Bilan officiel : 1 000 morts. Estimations modernes : 1 200 à 1 500.

Les lieux du drame qui existent encore

Quatre lieux portent la mémoire, souvent sans plaque. La rue de Bourgogne : artère huguenote, plus de 200 maisons pillées et 300 morts (du n°15 au n°180). Le pont Royal (actuel pont George V) : les corps précipités dans la Loire formaient un barrage signalé jusqu'à Beaugency. La cathédrale Sainte-Croix : le tocsin du massacre. La place du Martroi : corps entassés puis brûlés. La ville n'a inauguré sa première stèle commémorative qu'en 1997.

Itinéraire à pied "Orléans protestante" (2h)

Départ 14h gare d'Orléans → place de la République (ancienne porte Bourgogne) → rue de Bourgogne descendante (lecture des n°15-180) → maison de la Coquille (n°146) → temple protestant actuel → cathédrale Sainte-Croix (montée de la tour) → place du Martroi (monument inauguré 1997) → pont George V → musée Jeanne d'Arc retour. Durée 2h, 4 km. Téléchargeable gratuit sur orleans-tourisme.com.

Lectures et expositions pour creuser

Trois ouvrages. "La Saint-Barthélemy" d'Arlette Jouanna (Gallimard, 2007) consacre 30 pages à Orléans. "Les Massacres de la Saint-Barthélemy" de Denis Crouzet (Tallandier, 2022). "Orléans, la Saint-Barthélemy et la mémoire" de Pierre Lebrun (2012). Le Musée des Beaux-Arts d'Orléans expose le tableau "Le Massacre de la Saint-Barthélemy à Orléans" de François Dubois (1584). La Maison du Château à Meung-sur-Loire est à 25 min d'Orléans.

La Saint-Barthélemy d'Orléans est l'un des chapitres les plus sombres et les moins racontés de l'histoire du Val de Loire. Logez à Meung-sur-Loire pour rayonner sur Orléans et le vrai Val de Loire historique.

Pour votre séjour

La Maison du Château

150 m² · 4 chambres · 8 couchages · à 100 m du château de Meung-sur-Loire, 1h30 de Paris.

Réserver La Maison du Château →